À propos

Ma pratique artistique prend son origine dans l’exploration d’espaces contemporains traversés par des dynamiques de transformation. La découverte de sites est une condition essentielle à mon travail et génère des processus allant de l’observation à la production d’espaces et d’objets. L’espace est photographié, filmé ou encore construit à partir des dynamiques qui le traversent et qui me servent, à différents degrés, pour activer la matière.

Je conçois mon activité au travers de la figure de l’explorateur sans pour autant me mettre en scène. Je me distancie du sensuel et de l’expressif par analogie à la société contemporaine occidentale et lui préfère ses aspects paradoxaux, ironiques ou pathétiques. Je m’approprie ses stratégies de prolifération et de reproduction afin de questionner le réel, le savoir et la théorie. Prolifération, colonisation, désordre sont les caractéristiques de contextes donnés qui me poussent à agir avec ou contre, sans pour autant rendre mes intentions aisément identifiables.

L’architecture constitue à mon sens une voie d’accès au présent tant dans sa dimension physique et symbolique que dans les rapport sociaux qui y ont place. La matière même qui constitue les villes et leurs espaces économiques, leurs flux – échanges d’hommes, de biens, d’énergies et d’informations – devient prétexte à détournement, interrogation et ré-emploi.

Mon travail artistique est le lieu où je mets en présence les corps des spectateurs avec objets et concepts et entretenant des rapports actifs entre construction et disparition, depuis l’échelle du local – telle celle de l’atelier ou de l’espace de représentation – à celle plus globale, de l’espace public et des territoires. Le regard adopte des mouvements d’approche et de recul du particulier au global, depuis sols et murs, vers architectures et structures. Je souhaite amener le visiteur à un état de remise en cause de ses représentations au sens large, de celles qui lui paraissent naturelles ou évidentes.

La réception de mon travail hors du contexte de sa production constitue l’un des enjeux centraux du processus de création. Par là même, la documentation, l’archive et l’exposition sont porteuses de sens selon des modalités toujours questionnées, s’appuyant tantôt sur des problématiques éditoriales, photographiques ou filmiques et se positionnant entre réel et fictif, entre actif et inactif, aux limites de ce qui apparaît ou disparaît. La temporalité des œuvres reste par là même indéterminée et fluctuante. Elle renvoie tant à l’étude du présent, à l’archéologie du passé, qu’aux l’incertitudes du futur. Forme et concept sont traversés de mouvements aux franges de la perception, interrogeant la notion de contingence relative à ce qui peut seulement éventuellement exister.