À propos

Ma démarche artistique a pour objet l’organisation signifiante de l’espace dans ses dimensions culturelles et esthétiques.
Mes propositions plastiques font appel à un ensemble de gestes : prélever, documenter, organiser, réorganiser, abstraire, modéliser, occuper, improviser, assembler, rassembler, déplacer, modifier, fixer. Ces gestes s’effectuent en relation avec différents contextes.
Qu’ils soient physiques, historiques ou intellectuels, ces contextes constituent la condition essentielle au développement de mes projets. Ils sont par ailleurs relatifs à un présent problématique dans l’expression des rapports de pouvoir et de domination à travers l’espace et ses usages.
Ainsi, l’architecture, et plus généralement l’espace produit, occupent une place centrale sur la carte de mes activités. Elle opère comme champs de référence et comme voie d’accès au réel et au temps, pour sa qualité de produit et de vecteur du contemporain. L’espace m’intéresse en tant qu’organisation signifiante et c’est pourquoi je prends pour objet des zones urbaines ou périphériques, des architectures désaffectées, des terrains vagues, des zones aéroportuaires, des sites archéologiques ou historiques, des espaces privés ou encore des intérieurs.
Mes réalisations mettent en relation ces types d’espace avec les notions de contingence, d’inachèvement, de dystopie, d’exploitation, de luttes, de prolifération ainsi qu’avec des productions littéraires, philosophiques, ou encore cinématographiques.
En suivant les pas de Guy Debord, de Michel de Certeau, de Sun Ra, d’Henri Lefebvre ou encore d’Annah Arendt, œuvrer me permet de surmonter et de mettre à distance ce réel problématique. En ce sens, je mobilise approches et moyens plastiques afin d’habiter le présent et de penser un avenir, tant personnel que commun.
Ma démarche artistique se caractérise donc par une multiplicité de regards sur le contemporain ainsi que par une diversité de moyens employés et de destinations. Ces relations m’amènent à produire des représentations, des modèles, des narrations, des espaces ou des représentations d’espace. Elles se matérialisent en volumes, installations, vidéos, animations, photographies ou encore en dessins, avec une attention particulière pour les qualités physiques et symboliques de la matière employée, celles-ci décidant des techniques utilisées.
Dans cette cartographie, certaines œuvres tendent au rapprochements entre l’art et la vie. D’autres se situent aux limites de ce qui apparaît ou disparaît. La notion de contingence est centrale ; elle concerne ce qui peut seulement éventuellement advenir : contingence d’une architecture réalisée ou seulement envisagée, contingence de la visibilité de l’œuvre, de la permanence de la matière. Elle vise à orienter ou désorienter le visiteur.
En ce sens, l’exposition du produit de mon activité donne lieu à l’articulation du réel et du fictif, de la narration et de la non-narration, de l’actif et de l’inactif, du visible et de l’invisible.