• Craig & James

    Craig & James est une pièce issue de mon travail de mémoire de Master à la HEAD et fait référence à deux homonymes : Craig Baldwin, le cinéaste, auteur du film RocketKitKongoKit au sujet de l'indépendance du Zaïre et de la conquête spatiale africaine, et James Baldwin, auteur et intellectuel noir américain, défenseur des droits civiques. Ces deux auteurs étaient préoccupés par des réalités sociales et économiques contemporaines marquées par l'aliénation. Craig & James est un modèle d'un abri et évoque tout autant la coque d'un navire retourné qu'un vaisseau spatial de science-fiction. Il est constitué de lattes de bois formant un bardage. La fonction de ce type d’assemblage est de protéger contre la pluie et le vent. Il est recouvert d’une peinture inspiré de celles dites « à l’ocre », protégeant le bois de l’humidité et du feu. Ici, l’ocre a été remplacé par de l’oxyde de titane. Le titane compose l’essentiel de la structure des vaisseaux spatiaux et cet usage place ainsi cette pièce à différents niveaux symboliques impliquant la notion de protection et celle de vie en dehors du milieu terrestre. Craig & James, bois MDF, farine, oxyde de titane, mica, oxyde de fer, huile de lin 280 x 60 x 200 cm, 2017.
  • Fuck abstraction (Séparation)

    Fuck Abstraction (Séparation) est une sculpture provenant de recherches sur le modernisme et l’architecture de Rob Mallet-Stevens, les Shakers, de la lecture de La Production de l’espace d’Henri Lefebvre et du film Critique de la séparation de Guy Debord. Il est une matérialisation des risographies d'Angle aveugle (En souvenir de Nono). Du bois MDF est plaqué par un bois d’orme recomposé figurant des formes sinueuses rappelant les lignes de niveau d’une carte topographique. La rectitude des droites composant le volume est contrastée par ces formes organiques, qui semblent proliférer à sa surface. La sculpture vient organiser l’espace d'exposition et y produit les conditions de sa réception. Fuck abstraction (Séparation), MDF, bois de placage synthétique, huile de colza, 200 x 121 cm, 2017.
  • Thumbs up

    Thumbs up est une vidéo qui me permet d'aborder des préoccupations liées à l’espace, à l’orientation, à l’entropie et indirectement à l’Histoire, aux luttes ainsi qu'à l'aliénation. Elle a été réalisée à partir de séquences filmées montées les unes avec les autres et provenant d’internet ou issues des média de l’information intégrant une dimension spectaculaire ou tragique. Le fil conducteur de la narration ainsi proposée est la discussion entre un plongeur explorant l’épave d’un navire et son binôme, resté en surface. Ils secourent un naufragé, le cuisinier du navire. Thumbs up, vidéo, couleur, sonore, 4’40 2017.
  • Angle Aveugle (En souvenir de Nono)

    Angle aveugle (En souvenir de Nono) est une installation déconstruisant le présent et prospectant un avenir tant personnel que commun. Elle organise le produit d'un processus de transformation et d'abstraction de photographies d'architecture, d'images de films de science-fiction et d'objets domestiques qui ne sont par conséquent pas montrés. Elle opère en mettant en relation un espace de représentation avec des représentations d'espace – esquisses, volumes interrompus, modèles pour du mobilier ou maquettes. L'état d'inachèvement apparent de ces objets dénote l'intention et connotent ainsi l'idée d'une projection dans le temps. Angle aveugle (En souvenir de Nono), bois, cinéfeuille, acier, vidéo-projection, dimensions variables, 2017.
  • Twilight Zone

    Twilight Zone est une vidéo d'animation en lecture continue. Une foule fait face à une source lumineuse en arrière-plan comme hypnotisée par un événement dont la nature nous échappe. Ses mouvements sont ralentis et renvoient à une temporalité étirée sans commencement ni fin. La foule tourne le dos au spectateur et par conséquent, lui-même en fait partie. Twilight Zone, vidéo, 3’32”, 2017.
  • Le Modèle et son double

    J'aborde avec Le Modèle et son double des préoccupations liées à l'équivalence possible entre modèle, architecture et représentation. Il s'agit de deux sculptures, l'une en bois et peinte à l'ocre – peinture dont la technique renvoie à Répartition des charges – l'autre en céramique émaillée. Ces matières portent en elles l'idée de résistance face aux dégradations extérieures ; leurs temporalités respectives se font ainsi écho. Elles sont le produit d'une opération de duplication en réponse à la dimension contingente de l'occurrence unique d'un modèle, comme si la première ne se suffisait pas à elle-même et que la seconde venait confirmer la première.
  • Erigeron Canadensis L.

    Réalisé au Jardin C à Nantes, Erigeron Canadensis L. s’inscrit dans le contexte de transformation d’un terrain industriel désaffecté sur le site du projet Sanagare, espace public et jardin médicinal, conçu en 2013 par André Dekker avec le collectif Observatorium d’Amsterdam pour Le Voyage à Nantes. Le site est alors fermé au public et enclos de grilles dans l’attente de la construction du futur Centre Hospitalier Universitaire de la ville. Au centre du terrain, la structure d’un hangar est entourée de monticules de sable et de gravas formant deux arcs de cercle. Une plante invasive, la Vergette du Canada ou Erigeron Canadianis L., occupe une importante surface du sol suivant une répartition régulière et cependant aléatoire. J’ai transplanté des pousses de Vergette de quelques centimètres pour les aligner selon des axes définis par la géographie du site : la piste d’atterrissage de l’aéroport de Nantes, une ligne de chemin de fer ainsi que la Loire. Ce geste ordonne une dynamique de prolifération végétale étrangère à tout déterminisme urbanistique. Il vient s'insérer dans une réalité donnée et constitue une réappropriation éphémère de la ville.

    Erigeron Canadensis L., végétaux, dimension variable, 2014.

  • Répartition des charges

    Répartition des charges est une intervention au Crédac sur La loge du gardien de Benoit Marie Moriceau, qui est une réplique du toit d’un bâtiment de la manufacture des œillets abritant le centre d’art. Des fragments de la structure interne de l'œuvre ont été récupérés, transformés puis réintégrés suivant un principe de complémentarité faisant coexister sur le même plan la structure interne et externe de l’architecture. Ils ont été recouverts d’une peinture à base de pigments d’ocre utilisée pour la protection des boiseries au Moyen Âge. Cette technique aujourd’hui tombée en désuétude a été réemployée dans la réplique d’une architecture moderne et en altère la temporalité. Cette intervention discrète vient investir le travail d’un autre artiste par l’insertion de degrés sémantiques.

    Répartition des charges, bois, peinture à l’ocre, dimensions variables, 2014.

  • La Présence des anciens

    La Présence des anciens désigne une installation ainsi qu’une série de photographies réalisées dans le domaine des Essars dans la ville de Bram, en France. Deux volumes en terre argileuse sont disposés sous les fenêtres de la chambre de maîtres. Cette terre a été prélevée sur un ancien site gallo‑romain de confection de poteries de la ville. Elle semble s'être infiltrée de l'extérieur en s'accumulant et en recouvrant complètement le parquet de la chambre. À l'instar de strates géologiques, cette matière fait référence à la temporalité du lieux, inscrite dans la durée et produit des vies et usages qui s'y sont succédés. Des indices, déjà présents, suggèrent la mémoire perdue de celui-ci : papiers peints anciens, portes en bois massif, traces d’usure. Autant de signes activés par un geste sculptural et indexant un récit en attente, ce que de Certeau appellerait des « présences d'absence » ainsi que l'« être là d'un mort ».

    La Présence des anciens, installation de 4 photographies encadrées, impressions sur papier fibré, encres pigmentaires, 53,5 x 40 cm, et de 6 photographie sous passe-vues, impressions sur papier fibré, encres pigmentaires 27,5 x 21 cm, 2014. 

  • Holy shit !

    Holy shit ! est un ensemble de trois sculptures céramique réalisée pour l’exposition " TV, Sculpture, Karaoké " proposant le concept de réalisations sculpturales d’après des extraits vidéos choisis par chacun des participants. Ces trois bulbes proviennent d’une vidéo trouvée sur internet montrant l’explosion d’une mine téléguidée au passage d’un convoi militaire en Irak à une date inconnue.

  • En haut, peut-être

    En haut, peut-être a été visible au hasard d’une intrusion ou lors d’une visite guidée. L’exposition devient un évènement contingent et soutient l'idée selon laquelle une image peut exister indépendamment du regard humain. Un escalier de marbre dans un immeuble inhabité et muré fait face à la photographie d’un autre escalier, collée au sol et partagent le même espace. Cet objet et sa représentation établissent un rapport de familiarité et se renvoient l’un à l’autre par un jeu de mise en abîme. Cette rencontre d’un élément architectural et de sa représentation souligne leurs natures singulières. Ce mode d'apparition renvoie à celui de l’art dans l’espace public, souvent inattendu, direct et sans médiation.

    En haut, peut-être, impression laser sur papier couché, 2,94 x 1,96 m, 2012.

  • Doré

    Des pavés béton ont été assemblés verticalement, recouverts d’une peinture dorée puis fixés dans une niche votive. Doré se réapproprie l'emplacement anciennement occupé par une sculpture de la Vierge. L'ampleur de l'usage du béton renvoie à une manière de construire l'espace contemporain hégémonique et proliférante. J'ai donc remplacé une idole par un fétiche, tous deux étant le produit d'une opération d'abstraction.

    Doré, pavé béton pour sol carrossable, 10 x 10 x 60 cm, 2012.

  • Roissyfrance

    Roissyfrance est une installation ayant pour origine la recherche d’un site capable d’activer la matière sculpturale par ses propriétés physiques afin de rendre visible l'invisible. Ces sculptures en tubes fluorescents ont été conçues pour être placées dans le champ magnétique généré par des lignes électriques à haute tension. Les tubes s’illuminent alors dans l’obscurité. Roissyfrance se présente dans un état activé ou désactivé selon le contexte. Dans un espace d’exposition, les tubes fluorescents sont en position horizontale, inertes et éteints. Une vidéo retrace leur activation, de nuit, dans la zone aéroportuaire de Roissy par quatre figure humaines silencieuses habillées de blanc. Elles rejouent un improbable déjeuner éclairé par une faible lumière blanche et scintillante. En arrière-plan sont visibles le passage des avions et des trains, ainsi que le halo lumineux de la ville.

    Roissyfrance, vidéo HD, couleur, sonore, 3’25”, tubes fluorescents, dimensions variables, 2011.


    https://vimeo.com/74714343

  • Anrü Docomo

    La série de photographies Anrü Docomo a été réalisée lors de la destruction de l’ensemble Desnos de La Cité des poètes à Pierrefitte, œuvre architecturale radicale de Jéronimo Padron-Lopez. Elle rend compte de la dynamique entropique et irréversible de disparition de cet espace remarquable semblable à une ruche pyramidale vidée de ses habitants. J'ai photographié cette destruction, car celle-ci n'atteignait pas seulement les bâtiment, mais aussi les structures sociale qui y avaient place. Il fallait donc que je constitue une trace de ce qui disparaissait sous mes yeux. Cette archive, rendue visible par l’accrochage en grille de ces images en noir et blanc, recompose cet espace et permet un point de vue en mouvement sur un dédale de pièces sans porte ni fenêtre. La répétition de certaines images rejoue ma perte progressive de repères lors de mes visites successives. Elle rend visible les opérations d'arpentage et de fixation du lieu, au moyen de la marche et de l'appareil photographique.

    Anrü Docomo, 85 impressions jet d’encre noir & blanc sur papier fibré, 30 x 40 cm,et impression jet-d’encre sur papier fibré couleur, 38 x 28,5 cm, 2011.